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Pan de Joe Wright

Pan

Proposant un nouveau regard sur l’origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s’attache à l’histoire d’un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.

Avant d’être enthousiaste, j’ai d’abord été surprise en apprenant que Joe Wright allait nous servir sa propre vision de Peter Pan. Le jeune cinéaste anglais n’est pas franchement un habitué des gros budgets hollywoodiens. Pour mémoire, on lui doit les adaptations très personnelles et stylisées d’Orgueil & Préjugés, Reviens-moi ou Anna Karenine.

Est-ce que l’artiste s’est fait avaler par les pressions exercées par les gros studios ? On pourrait croire que oui en constatant les résultats désastreux de Pan au Box Office US. Je vous demande de ne pas vous fier à ça, ce serait bien dommage pour vous et pour vos enfants, si vous en avez.

Pan ne manque pas de défauts. Certains lui reprochent son manque de fidélité évidente à l’œuvre de J.M. Barrie. Pour ma part, ce n’est pas ça qui m’a dérangé, je ne suis pas une adepte de l’œuvre originale. Pour preuve, Hook fait partie de mes films préférés. Non, ce qui m’a paru assez évident en découvrant Pan, ce sont les coupes, qui donnent à l’ensemble un rythme assez étrange. L’histoire démarre lentement et s’emballe d’un seul coup pour filer beaucoup trop vite ensuite jusqu’au dénouement. On aurait aimé que Wright prenne plus son temps. Mais est-ce vraiment de son fait ?

On peut aussi reprocher à Pan quelques scènes visuellement ratées. Je pense notamment aux scènes de vol ou au final dans la grotte. Mais que valent ces quelques scènes comparées à toutes les autres ? J’en ai pris plein les mirettes pendant près de deux heures. Pan est d’une inventivité et d’une originalité visuelles rarement vues pour un film familial. Et c’est peut-être la première fois que je me suis surprise à me cramponner à mon fauteuil grâce à (ou à cause) de la 3D. Bien rares sont les réalisateurs capables de tirer profit de cette technique en vogue et souvent prétexte à ramasser un peu plus de sous.

Pan est une réussite esthétique mais pas que. Si on peut être déçu par son souci de rythme, qui reste décidément son défaut majeur, on peut par ailleurs s’extasier devant une multitude de qualités parmi lesquelles sa bande originale, signée John Powell, dont on peine à se défaire tant elle reste en tête. Mon énorme coup de cœur va sans conteste à la chanson Something’s not right, qui a raisonné en moi immédiatement.

Un petit mot sur le casting, pas dégueu sur le papier, qui réussit dans l’ensemble à remplir le contrat. Si j’ai d’abord été étonnée par les interprétations too much de Hugh Jackman ou Garrett Hedlund, j’ai finalement réussi à m’y faire rapidement. Ne jamais perdre de vue en regardant Pan que vous êtes devant un film avant tout destiné à des enfants, ce qui permet aux acteurs de pouvoir en faire peut-être un peu trop sans choquer. Quant à Levi Miller, le petit garçon qui campe le héros, il manque certainement un peu de charisme mais on lui pardonne aisément vu les seconds rôles qui prennent pas mal de place.

Vous l’aurez compris, Pan m’a exalté, enthousiasmé, charmé. Je ne suis pour autant pas surprise de découvrir bon nombre de critiques négatives à son égard tant le film foisonne de défauts. Des défauts auxquels j’ai fini par m’attacher tant le blockbuster de Joe Wright m’a éblouie par ailleurs. J’espère que le miracle opérera aussi bien chez vous que chez moi. J’ai bien envie de retrouver le Pays Imaginaire vite, très vite.

Ma note :

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